Ce que Lydia veut...

Ce que Lydia veut... - Willa Galindo

J’avais retrouvé des photographies de ma famille, principalement prises pendant les mariages. Nous avions une tradition, pour ces occasions, de produire une photo de couple, ou en groupe vraiment originale. Pour l’union de ma sœur, nous avions formé un grand cœur avec tous les invités. Ma tante Eugénie avait apporté une pièce montée… de fromages, qu’elle avait entourés de rubans. Elle portait une robe rose avec des volants en voile bleu turquoise, ce qui donnait un effet renversant. Elle avait réussi à trouver un chapeau de la même couleur que sa robe. Surmonté de baies et de fleurs, il était original et comique, car elle avait ajouté un oiseau qui se mettait à chanter quand on sifflait près de lui. Les enfants s’étaient amusés pendant toute la fête avec ce chapeau, et nous en avions tous gardés un souvenir marquant. Ma belle-sœur avait franchi toutes les limites pour son propre mariage en mettant une robe incroyable.

Je me souviens parfaitement des après-midis que j’avais passés avec elle à chercher sa robe de mariée. J’étais rentrée dans toutes les boutiques spécialisées, mais Lydia ne trouvait pas ce qu’elle voulait. En passant devant la boutique d’un créateur de vêtements qui venait d’ouvrir, elle vit la tenue qu’elle voulait porter. Nous sommes rentrées dans le magasin, et celui qui avait créé tous ces vêtements était présent. Il discutait avec une vendeuse. Quand il vit Lydia arriver, il l’interrogea sur le modèle qu’elle voulait essayer, et elle lui montra la robe exposée dans la vitrine. Le créateur de mode tenta de lui expliquer que ce modèle était en démonstration, Lydia ne voulut rien entendre.

Finalement, devant l’insistance de ma belle-sœur, il céda et elle essaya la robe devant nous. Elle lui allait si bien que peu de retouches étaient nécessaires. La vendeuse prit soin de noter ce qu’elle devait arranger. Quand nous sommes revenues, je fus époustouflée de la beauté et de l’originalité de cette tenue. Lydia était parvenue à maigrir rapidement pour être sûre de rentrer dans le vêtement. La longue jupe se terminait par une traîne en dentelle et l’ensemble était coloré en rose très clair et en beige. Les juxtapositions de dentelles de couleurs différentes ne dévoilaient pas le corps de ma belle-sœur, puisqu’un voile de soie d’une teinte coquille d’œuf servait de doublure au vêtement. C’était l’union d’un esprit rock et d’une âme romantique, ce qui résumait bien le mariage que nous allions fêter.