Faillites commerciales

Faillites commerciales - Willa Galindo

Ces dernières années ont apporté de belles évolutions technologiques, cependant, avec toute la publicit√© sur le web, et surtout, l’introduction du numérique sur les tablettes, cela a considérablement provoqué la baisse de la vente de livres. Déstabilisée par la réduction de sa clientèle, la libraire où travaille mon mari a connu de sérieux ennuis financiers, l’obligeant à avoir recours à des prêts bancaires pour redresser sa position économique. De nombreux mois se sont accumulés, mais la situation n’a fait qu’empirer. La librairie a été forcée de licencier du personnel afin de survivre, et a lancé des opérations de sensibilisations en invitant des auteurs locaux. Après chaque mobilisation, la clientèle augmentait, puis se faisait rare au bout de cinq jours. Il n’était pas facile d’attirer les clients, car ceux qui sont intéressés par les livres, possèdent une certaine tranche d’âge, comprise entre quarante et soixante-quinze ans. Comme la majorité des habitants est jeune, le désintérêt pour les livres se fait ressentir. En effet, les jeunes préfèrent soit utiliser les livres électroniques, soit délaisser complètement la lecture en favorisant d’autres loisirs. Voyant l’avenir de la librairie s’effondrer, le propriétaire a pris la décision de vendre sa boutique. N’attirant aucun repreneur, ce dernier a envisagé de fermer boutique afin d’éviter le redressement judiciaire. Après avoir consulté des avocats, il s’est rendu aux bureaux de la compagnie d’assurances, afin de prendre compte de ses avantages, ainsi que pour dédommager ses salariés qui seront bientôt au chômage. Bien que le tribunal ait tenté de nombreuses manœuvres pour sauver le magasin de livres, la seule issue possible a été sa fermeture. Inquiet de la situation, mon mari a cherché un autre travail et en a trouvé un dans une imprimerie. Après y avoir travaillé plusieurs mois, il m’a dit que son patron les a réunis pour leur faire part d’un autre problème, lié à la diminution des commandes. Étrangement, la situation de l’imprimerie ressemblait à celle de la librairie. La demande était de plus en plus réduite à cause de la baisse de la fermeture de la plupart des entreprises qui collaborent avec l’imprimerie. Seules quelques sociétés, telles que les agences publicitaires et les éditeurs d’annonces sollicitent les services de l’entreprise. Des mesures de survies ont été mises en œuvre, comme des restrictions sur l’utilisation de l’électricité, le licenciement de personnel, des suppressions d’heures supplémentaires et une demande d’aide venant de la collectivité. L’imprimerie fonctionne encore, mais avec beaucoup moins d’activités. Les salariés touchent régulièrement leurs rémunérations, mais mon mari est loin d’être rassuré sur son avenir professionnel. Depuis, il a envoyé des demandes l’emploi un peu partout, en espérant être embauché par une société financièrement stable.