Mes nouveaux rideaux

Mes nouveaux rideaux - Willa Galindo

J’étais entrée dans une boutique de décoration qui m’avait attirée par sa vitrine aux couleurs acidulées. Je n’en pouvais plus des tons pastel qui étaient dans la tendance actuelle. Je voulais des rideaux colorés, par exemple, et je trouvais des voilages orange et jaunes, qui se superposent. Ces tissus étaient exposés dans une mise en scène évoquant l’été. Avec un guéridon jaune paille et des tabourets vert prairie, l’ensemble donnait vraiment envie de s’arrêter pour siroter une orangeade sous le parasol, arborant les couleurs d’un arc-en-ciel. La vaisselle présentée était dans les tons bleus, avec un pichet assorti à des verres de cette couleur, des coupelles en porcelaine décorées de motifs géométriques de cette même teinte et des couverts aux manches bleus, eux aussi, en pâte de verre. Je cherchais une vendeuse qui pourrait m’indiquer où je pourrais trouver, dans le magasin, une partie de ces articles.

Ce fut un jeune homme qui me montra les objets que je voulais acheter. Les rideaux étaient vendus en une longueur qui correspondait, à peu près, à celle de mes fenêtres. Je n’aurais qu’un petit ourlet à faire. Le vendeur me recommanda de placer dans mon ourlet des poids pour que les rideaux aient un tombé impeccable. De plus, la légèreté des voilages serait compensée par ces charges légères, qui les tiendraient en place, même si la fenêtre restait ouverte. La vaisselle me plaisait et je pris un assortiment de coupelles, de verres et de couverts. J’ajoutais à tout cela, deux pichets et une nappe à l’imprimé vichy rose et blanc. Après avoir effectué tous ces achats, je suis rentré chez moi.

J’avais un message d’un couvreur saint-jerome que j’avais contacté. Il me proposait une date pour passer chez moi. Un autre message émanait de ma cousine. Elle m’invitait à un souper, le vendredi suivant. J’avais justement pris trois belles bougies, parfumées à la vanille et au miel, que je présenterais sur un petit plateau en bois. J’aime garder de menus objets dans un placard, que je ressors quand je suis invitée quelque part. Avec un joli torchon pour emballer le tout, j’offrirais un présent utile et présenté d’une façon originale. Pour nouer le torchon, je mis un ruban de satin, que je gardais pour ce genre d’occasion. Je préparais la composition, et je la rangeais dans une armoire. Je l’emporterais le lendemain. Je n’avais plus qu’à déballer tous mes achats de l’après-midi.