Rencontre chaque semaine chez l’une de nous  

Rencontre chaque semaine chez l’une de nous   - Willa Galindo

Le matin de mon quarantième anniversaire, mon téléphone mobile bourdonna. C’était le premier appel de la journée et c’est mon fils, Christopher. Il était à l’étranger pour son travail. Je suis presque sûre qu’il s’est débrouillé pour être le premier à m’appeler pour cette journée spéciale. Je fus très heureuse d'entendre son appel venant de si loin. J’étais également fière qu’il se soit rappelé mon anniversaire.

Ma fille Sandra aurait voulu me souhaiter un joyeux anniversaire avant son frère, mais elle n’y est pas parvenue. Juste parce quelle s’était réveillée avec une minute de retard dans sa chambre d'étudiante, dans la ville où elle fait ses études supérieures.

Mon mari m’a également souhaité une bonne fête. Bien sûr, il l’a fait peu de temps après qu’il se soit réveillé. C’était bien après les appels de nos enfants,  de d’autres parents et amis de la famille. Mais j’étais simplement heureuse qu'il s’en soit souvenu. Plusieurs fois dans le passé, il lui était arrivé d’oublier mon anniversaire et j’avais dû m’en plaindre. Je ris en pensant que ce ne sera pas le cas cette année.

Quand je me suis connectée sur ma page Facebook, il y avait de nombreuses notifications d'amis connus et inconnus. J’ai « liké » chacun d'eux et les ai remercié avec un petit sourire. Puis, je commençais à me plaindre... À quoi bon tous ces souhaits d'anniversaire, si je dois rester toute seule aujourd'hui, jusqu'au retour de mon mari dans la soirée.

« Ne prépare rien pour le souper. Je reviendrai en début de soirée et nous allons sortir manger au restaurant », avait déclaré mon mari au moment de quitter dans la matinée. Je n’étais pas convaincue par sa promesse : je savais qu'il pourrait l'oublier, trop pris qu’il était par son travail et pourrait ne pas rentrer à la maison avant 22 heures 30. Cependant, je n'ai pas fait montre d’une appréhension particulière.

Ma journée monotone a alors commencé. Je me suis immergée dans les travaux de ménages. J’étais soulagée cependant, heureuse de ne pas avoir à cuisiner pour la journée. J’étais en train de consulter un document sur le traitement de varices lorsque mon cellulaire a sonné. C’était ma voisine Sylvie.

« Bonjour, à quelle heure sommes-nous censées venir chez toi aujourd'hui ? », demanda Sylvie. J’étais assez surprise, car je ne crois pas qu’elle savait que c’était mon anniversaire.

« De quoi pouvait-elle bien parler ? Venir chez moi ? Je n’ai invité personne chez moi », dis-je, en couvrant l'embout du mobile avec ma paume.

« Tu es là ? », redemanda Sylvie. Après une pause, elle continua : « On avait dit à 18 heures. C’est ce que nous avions convenu la semaine dernière. Est-ce que cela te convient ? Je tiens à confirmer ».

Un frisson me parcourut alors que je me souviens de toute l’histoire. La semaine dernière, en discutant avec les voisines, il avait été convenu de prendre un thé chaque semaine chez l’une de nous. C’est moi qui m’étais proposée pour débuter. Sans savoir que le jour que j’avais proposé coïncide avec celui de mon anniversaire.